Quoi de neuf chez nous ?

Deux services civiques

Depuis la rentrée et ce jusqu’à la fin de l’année scolaire, l’ATD accueille deux personnes en service civique, Manuela et Louise. Elles ont pour mission d’assurer le rayonnement et développer la visibilité de l’ATD afin de promouvoir son activité culturelle.

Très en lien avec la Troupe du Cailly, partenaire privilégié de l’ATD, elles assurent la communication de leurs créations.

Vous les croiserez sans doute lors des we du possible auxquels elles participent.

Louise

Issue d’études littéraires, j’ai un master en médiation culturelle réalisé dans le secteur du spectacle vivant.

Je souhaite travailler avec des publics multiples, je me suis donc tournée vers un public en lien avec le handicap. L’ATD ne m’est pas inconnue puisque j’ai travaillé l’année dernière avec la Troupe de l’Escouade.

Ce service civique s’inscrit ainsi dans la continuité de mes intérêts professionnels : m’investir au sein de structures qui forment des personnes en situation de handicap aux métiers artistiques.

L’approche est plus engageante : penser l’inclusion des acteurs et actrices dans le processus artistique lui-même, par et pour la création théâtrale.

Manuela

J’ai fait une licence de lettres modernes, puis un master MEEF 1er degré pour enseigner en maternelle et primaire, puis j’ai décidé de m’orienter pour être prof de français. J’enseigne deux jours par semaine.

J’ai choisi de faire un service civique pour avoir une première expérience professionnelle. Je suis très attirée par les activités culturelles, en particulier le théâtre qui me correspond. Par ailleurs, la dimension associative est importante pour moi, c’est pourquoi j’ai candidaté à cette mission.

Je souhaite lier mes études aux questions liées à l’inclusion qui sont nécessaires dans la pratique professionnelle d’une enseignante.

L’ATD me permet d’approcher cette dimension avec une spécificité qui est la formation professionnelle de personne en situation de handicap vers des métiers du champ de la culture, ici des comédiens et comédiennes.

Le handicap au travers de l’écran

Si nos questionnements autour de la différence se déploient sur scène, d’autres amènent ces thèmes à travers l’écran. Que ce soient dans des courts ou longs métrages, voici une sélection, loin de tous les rassembler !

Quelques films

  • De toutes nos forces, Nils Tavernier
  • Gabrielle, Louise Archambault
  • Dernières nouvelles du cosmos, Julie Bertucelli 
  • Presque,  de Bernard Campanet et Alexandre Jollien
  • Hors-Normes,  Olivier Nakache et Éric Toledano

8 courts-métrages à découvrir et partager

Livres et BD pour évoquer le handicap

Lors de nos ateliers ou bien dans nos spectacles, nous créons autour de la question de la différence, en prenant en compte nos diversités. Nous nous exprimons sur une scène de théâtre, par une langue orale ou corporel, d’autres pensent cette question dans une langue écrite ou dessinée. Nous vous proposons un panel non exhaustif de ces ouvrages !

Un petit frère pas comme les autres, Marie Hélène Delval et Susan Varley / Les belles histoires (à partir de 6 ans)

Il ne parle pas, il salit tout, il bave, et parfois il fait même pipi sur le tapis. Lili a souvent envie de le gronder… Comment l’aider à faire des progrès, ce petit frère qui pousse de travers et qui aime tant les câlins ?

Le handicap, pourquoi ça me concerne ? Sylvie Beaussier et Clémence Lallemand / Editions Fleurus (A partir de 8 ans)

Un livre illustré qui répond à de nombreuses questions des enfants concernant le handicap et les personnes handicapées, pour changer notre regard et vivre tous ensemble dans la même société. 

Mongol, Karin Serres / Babel ((A partir de 8 ans)

Ludovic, 9 ou 11 ans, se fait sans cesse embêter par Fabrice et les autres gamins de sa classe. Traité de tous les noms, jusqu’au jour où il écope d’un « mongol » ! La dame de la bibliothèque va l’aider à trouver le sens du mot. Sa vie en est toute renversée.

Gaby mon copain, Nicole Schneegans et Boiry / J’aime lire (à partir de 9 ans)

Bastien, un garçon de douze ans, rentre de l’école et aperçoit un nouveau-venu dans le quartier. Cet inconnu de dix-huit ans intrigue Bastien par son comportement bizarre. Il mène son enquête et découvre que Gaby a un handicap mental et provoque moquerie et raillerie. Bastien va tenter, d’entrer en contact avec Gaby. 

Mon ami Lucien, Francisco Arcis / D’un monde à l’autre  (à partir de 9 ans)

L’arrivée de Lucien, un jeune garçon trisomique, dans sa nouvelle école intrigue, interroge mais surtout provoque des moqueries de la part d’une bande de garçons. Pourtant, Lucien, va bouleverser les alliances et secouer les préjugés, notamment grâce à l’amitié que va lui porter Arnaud.

Simple, Marie-Aude Murail / L’école des loisirs (11-13 ans)

L’histoire de deux frères : l’un a 17 ans, l’autre a 21 ans, mais son surnom c’est Simple car il a 3 ans d’âge mental. Kléber est projeté très tôt dans le rôle d’aîné, il doit gérer ce grand frère qui n’en a que le nom mais pas le statut. Ne supportant pas de voir son frère enfermé dans un institut, Kléber décide de prendre un appart avec Simple, ils vont trouver une colocation avec des étudiants et nous assistons à cette drôle de cohabitation ! 

Ce n’est pas toi que j’attendais, Fabien Toulmé / Babelio (BD adultes)               

Dans la vie d’un couple, la naissance d’un enfant handicapé est un ouragan, une tempête. Quand sa petite fille naît porteuse d’une trisomie non dépistée, la vie de Fabien s’écroule. De la colère au rejet, de l’acceptation à l’amour, l’auteur raconte cette découverte de la différence.

La différence invisible, Julie Dachez et Mademoiselle Caroline / Delcourt (BD adultes)

Marguerite a 27 ans, en apparence rien ne la distingue des autres. Elle travaille dans une grande entreprise et vit en couple. Pourtant, elle se sent décalée et lutte chaque jour pour préserver les apparences. Ses gestes sont immuables, proches de la manie. Son environnement doit être un cocon. Elle se sent agressée par le bruit et les bavardages incessants de ses collègues. Lassée de cet état, elle va partir à la rencontre d’elle-même et découvrir qu’elle est autiste Asperger. Sa vie va s’en trouver profondément modifiée.

Quoi de neuf chez nous ?

Malgré cette période encore troublée, l’ATD continue d’œuvrer pour permettre à toute personne en situation de handicap de développer une sensibilité artistique par la pratique d’une activité culturelle.

Propositions aux amateurs

L’atelier du lundi s’est effectué en tenant compte des consignes sanitaires et de leurs conséquences : distance, masque… Nous allons réapprendre à nous voir, à nous regarder… A bas les masques ! Le groupe improvise, tente, s’apprivoise dans le rire et la découverte de l’autre, de soi et de propositions diverses, sous l’œil complice de Christine Leroy, artiste intervenante.

Improvisations théâtrales, Art plastique et Danse-contact, large palette de propositions pour que chacun.e puisse s’y retrouver et explorer de nouveaux possibles sont au rendez-vous du printemps ! Les WE du Possible, soutenus par la ville Rouen et le département, se déroulent au Labo Victor Hugo. Ils seront encadrés par Sophie Caritté, Léonore Billy et Emmanuel Billy, en mars, avril et mai, épaulé.e.s par Manuella Marie et Louise Rousseau, nos deux Services Civiques.

WE du Possible-Février 2022

Actualité professionnelle

La Troupe de l’ESAT du Cailly, dont nous soutenons les créations et le travail, a une actualité chargée. Deux petites formes théâtrales en tournée: D’entrée de jeu en direction des Établissements Médico-Sociaux, et Conte de faits pour les établissements scolaires. La participation à la “Nuit des musées” le 14 mai à Rouen, performance qui réunira une équipe mixte Troupe du Cailly et jeunes artistes. Et puis deux projets portés par l’ATD                                 

La reprise de ‘Ma petite entreprise ‘ en avril.                                                  

Et le projet Culture-Santé avec le Foyer Eugénie Marie de La Neuville du Bosc, qui proposera, dernière semaine de juin, ‘Pourquoi pas nous’, texte écrit par Christine Leroy inspiré d’interviews et d’improvisations avec le groupe constitué.

Conte de faits-Petite forme théâtrale

Edito – Droits culturels vers une ouverture culturelle

« La culture, c’est la circulation du savoir qui donne du sens à tous les actes de la vie concrète. » P. Meyer-Bisch

Cette Newsletter du printemps, fait écho aux propos défendus par Patrice Meyer-Bisch, philosophe, président de l’Observatoire de la Diversité et des Droits Culturels et coordinateur de la Chaire UNESCO Droits Humains et Démocratie au sein de l’Université de Fribourg.

Dans un entretien du 24 décembre 2020, dont la thématique était ‘Droits culturels et émancipation’, Patrice Meyer-Bisch donne un aperçu très éclairant de ce que sont les droits culturels, et de ce que cette notion apporte de fondamental pour penser la démocratie, l’émancipation, et bien-sûr la culture.

« Chacun a le droit de s’entendre dire : raconte-moi ton histoire, parce qu’elle m’intéresse. Non pas par sympathie, mais parce que toute histoire a quelque chose à raconter, et que chacun-e a besoin de savoir ce qu’il a à raconter. » P. Meyer-Bisch

Notre dossier vous proposera un certain nombre de livres, films, Bd, courts-métrages… pour ‘découvrir’ cet autre invisibilisé de part son handicap. Poésie, humour, cruauté, autant de regards pour ‘aller vers’.

Le dossier – Un automne théâtral !

La Troupe du Cailly, notre partenaire privilégié est partie en tournée notamment avec des productions soutenues par l’ATD.

Ma petite entreprise et moi a été appréciée par les dirigeant.e.s d’entreprises de l’Oise. Cette petite forme théâtrale a également été présentée à la mairie de Rouen, dans le cadre de la semaine de ‘Rouen, ville inclusive’. Ma vie sans complexe, approche théâtrale autour de la vie sexuelle, affective et parentale des personnes en situation de handicap, a tourné dans de nombreux établissements médico-sociaux, mais aussi au département de Seine Maritime et au Centre Hospitalier de Saint Etienne du Rouvray, lors de journées dédiées.

La lecture musicale de l’œuvre de Babouillec, Hélène Nicolas, autrice autiste sans parole, est aussi une création dont les artistes de la Troupe du Cailly se sont emparées cette automne. Notre souhait dans ce dossier est de mettre en exergue l’œuvre poétique de cette femme.

« L’écriture est mon arme secrète. J’adore appuyer sur la gâchette, balancer des munitions pour faire péter le son et me faire entendre. Mes mots sont mes coups de gueule arbitrés comme la fantaisie mentale, la moleskine d’un combat à poings nus. »​​​​


Cette artiste n’a pas accès à la parole et son habilité motrice est insuffisante pour écrire. Elle réussit pourtant, avec l’aide de Véronique sa maman, après vingt ans de silence, à écrire à l’aide de lettres en carton disposées sur une page blanche, des œuvres d’une grande force poétique. Mettre en valeur ses écrits, via la troupe de l’ESAT du Cailly, c’est affirmer le droit au talent, au-delà des apparences, et d’une soi-disant norme.

Prise à bras le cœur par les femmes de la troupe du Cailly, la lecture musicale Babouillec SP, revendique le droit à la différence dans l’Art et affirme l’importance de cette écriture féminine forte, déroutante et inclassable. Chloé Belin, Awa Diawara, Christine Leroy et Lady Arlette ont participé au temps fort organisé par l’ATD les 1er et 2 octobre 2021 et à l’ouverture du Festival Chants d’elles le 5 Novembre dernier.

A découvrir…
Extrait du spectacle “Intelligence Serial Killer”
Reportage FR3 sur la création de la lecture
La lecture ‘Babouillec SP’
Reportage Arte, “Dernières nouvelles du Cosmos”, Julie Bartuccelli


Œuvres de Babouillec :
Rouge de soi (éditions Payot et Rivages)
Voyage au centre d’un cerveau d’autiste (Rivages poche)
Algorithme éponyme (Christophe Chomant éditeur et Rivages)
Soif de lettres (Christophe Chomant éditeur)